FLM : enseignement de la langue -Compétences en lecture et écriture
Bilan académique et didactique des grammaires de la phrase, du discours, du sens. Etudes de cas.
Conférence en ligne vendredi 9 octobre 2026 (18h-20h)
Magali DURRIEU-GARDELLE Comment enseigner la grammaire dans le Premier degré
Martine BOUDET Bilan et perspectives de l’analyse du discours dans le Secondaire
Patrick CHARAUDEAU Eléments théoriques et méthodologiques en grammaire sémantique et analyse du discours
Ariane LORASCHI Pour une didactique inclusive de la grammaire : les élèves dys face à la phrase, au discours et au sens
Sylvain MEDZOGO modérateur. Docteur en sciences du langage et didactique, spécialiste des francophonies plurielles et autres phonies en contextes multilingues ; Normalien, formateur des formateurs en lettres bilingues (français et anglais) au Cameroun, professeur des écoles de maturité en Suisse (français et anglais) Alumni, Université de Genève (Suisse)
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Résumés des communications
Comment enseigner la grammaire dans le Premier degré
Magali DURRIEU-GARDELLE professeure des écoles, maîtresse formatrice en REP + en CP à Toulouse et docteure en sciences de l’éducation et de la formation
La communication porte sur mon travail doctoral. Elle traite de l’oral pour apprendre et enseigner la grammaire en cycle 3 (élèves de CM1/ CM2, âgés de 10/11 ans) en France et de la manière d’aborder cet oral spécifique en formation.
En effet, les enseignants sont soumis à plusieurs dilemmes : celui de faire parler leurs élèves en séance d’apprentissage tout en veillant que la classe ne devienne pas trop « bavarde », sans rapport avec le savoir en jeu. De plus, Gourdet (2017), concernant l’enseignement de la grammaire, considère qu’il reste très magistral et que la verbalisation des élèves est peu présente.
Afin d’objectiver cet oral, nous avons mis en place une recherche collaborative adossée à de l’analyse de l’activité, regroupant quatre enseignantes sur deux années consécutives autour d’une notion choisie de manière collaborative : la phrase simple & la phrase complexe. Nous avons à notre disposition 8 transcriptions de séances d’apprentissages et 11 transcriptions d’entretiens individuels et collectifs.
Les séances en année 1 relèvent de pratiques usuelles tandis que celles en année 2 sont plus imprégnées de la recherche. En année 2, les élèves parlent davantage en grammaire et les savoirs se construisent de manière plus collective. Quant aux entretiens, ils montrent que les enseignantes sont plus conscientes du rôle de l’oral dans la construction des savoirs et choisissent des objets de discours grammaticaux comme la constitution du corpus en lien à l’aune du savoir enseigné.
KASAZIAN, E., BOISSONNET, P., DURRIEU-GARDELLE, M. & ÉLALOUF, M.L., (2027, à paraître), Typologie des verbalisations des apprenants selon les contextes d’apprentissage : un outil pour appréhender la prise en compte de la parole métalinguistique d’enfants scolarisés (6-11 ans) ?, Recherche & Application, Français Dans Le Monde (FDLM).
DURRIEU-GARDELLE Magali, (2024), Langage et recherche collaborative : effets de la construction d’une communauté discursive d’enseignants en grammaire sur leurs modes d’agir, parler et penser et sur ceux de leurs élèves dans la discipline. Thèse de doctorat. Université de Bordeaux.
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Bilan et perspectives de l’analyse du discours dans le Secondaire
Martine BOUDET est professeure agrégée de lettres modernes, docteure en littérature française, ancienne formatrice d’enseignants au Maroc et au Bénin, chercheure et autrice spécialiste de la didactique du français et d’anthropologie culturelle (Toulouse)
L’analyse du discours ou analyse de discours est un champ des sciences du langage qui implique une approche méthodologique, structurale et systémique (typologique). C’est une approche multidisciplinaire, qui étudie le contexte et le contenu des discours oraux ou écrits.
Elle s’est développée en particulier en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis à partir des années 1960. Elle emprunte de nombreux concepts aux champs de la linguistique de la communication, de la pragmatique, de l’analyse conversationnelle, de la narratologie, de la sémiotique mais aussi des sciences humaines et sociales.
Dans le domaine de la didactique du français, elle s’applique à l’étude et à la production de discours et de textes littéraires et non littéraires, dans leurs contexte et situation d’énonciation.
En complément de la grammaire dite de phrase, elle développe une grammaire propre et contextualisée, dite grammaire du discours et du texte. Son intérêt est de fournir un axe vertébral aux enseignements.
Patrick CHARAUDEAU-Dominique MAINGUENEAU, Dictionnaire d’analyse du discours, Paris, Ed. du Seuil, 2002.
Martine BOUDET, Essai de méthodologie de lecture-écriture, Pointe-à-Pitre, Presses universitaires des Antilles, juillet 2025 (deux tomes, théorique et pratique)
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Éléments théoriques et méthodologiques en grammaire sémantique et analyse du discours
Patrick CHARAUDEAU est professeur émérite en sciences du langage à l’Université Sorbonne Paris Nord, CNRS-Cerlis- Paris Cité- Egalement auteur spécialiste des théories du langage et de la grammaire du sens, et reconnu internationalement à cet égard
La question est vaste. Je voudrais simplement apporter quelques précisions.
D’abord, sur ce que l’on peut nommer une grammaire sémantique qui a donné lieu à la Grammaire du sens et de l’expression (Lambert-Lucas) que j’ai publiée il y a maintenant quelque temps. Il s’agira d’en justifier sa composition et d’envisager son possible emploi dans le cadre d’un enseignement.
Puis sur l’analyse du discours, dans la mesure où il y a plusieurs courants théoriques qui traversent cette sous-discipline des sciences du langage. Ce seront alors les enseignants qui, selon les situations d’enseignement dans lesquelles ils sont amenés à exercer, pourront juger de l’utilisation de chacun de ceux-ci.
Patrick CHARAUDEAU Grammaire du sens et de l’expression (Lambert-Lucas)
Patrick CHARAUDEAU-Dominique MAINGUENEAU, Dictionnaire d’analyse du discours, Paris, Ed. du Seuil, 2002.
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Pour une didactique inclusive de la grammaire : les élèves dys face à la phrase, au discours et au sens
Ariane LORASCHI est docteure en littérature française, générale et comparée, qualifiée aux fonctions de maîtresse de conférences (section 10) et membre associée de l’UR 1337 Configurations littéraires. Chargée de cours à la Faculté des Lettres de Strasbourg, elle a enseigné dans le premier degré avant de se spécialiser dans l’école inclusive. Elle est aujourd’hui professeure de français et coordonnatrice ULIS en collège, référente pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, et forme des candidats au CRPE. Ses recherches portent notamment sur les disability studies et les représentations du handicap. Elle est l’autrice des Épreuves de Lettres dans le Supérieur (Ellipses) et du Handicap, de l’école vers l’autonomie adulte (Ellipses, à paraître), et prépare des ouvrages de grammaire pour le premier et le second degré.
Les élèves présentant des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA), qu’il s’agisse de dyslexie, de dysorthographie, de dyspraxie ou d’un trouble développemental du langage, bénéficient, selon les cas, d’un plan d’accompagnement personnalisé (PAP), d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou d’adaptations mises en place sans cadre formalisé. Ces adaptations, qu’elles concernent les conditions de travail et d’évaluation (temps majoré, supports aérés, lecteur, outil numérique) ou la pédagogie (privilégier l’oral, alléger la copie), restent le plus souvent transversales. Dans la pratique, elles touchent rarement la didactique des disciplines, et en particulier celle de la grammaire, d’autant que les enseignants ne sont pas toujours formés à ces questions. C’est pourtant l’un des domaines où les difficultés de ces élèves sont les plus visibles et les plus durables.
Pistes pour une approche concrète et différenciée
Les adaptations d’accès constituent un préalable : lecture des corpus à voix haute ou par synthèse vocale, supports aérés et segmentés, tableaux déjà construits pour l’élève dyspraxique, réponses par sélection plutôt que par tracé. Elles rendent la grammaire accessible sans dire comment l’enseigner. Elles posent en outre la question de la « langue commune » : jusqu’où adapter sans renoncer aux savoirs grammaticaux attendus de tous ?
Sur ce socle, plusieurs pistes didactiques peuvent être formulées comme hypothèses de travail.
Ces hypothèses pourraient nourrir la discussion d’un groupe de travail consacré à une didactique inclusive de la grammaire, attentive aux élèves présentant des TSLA. Sur le modèle des IREM, il réunirait enseignants du premier et du second degré, formateurs et chercheurs pour expérimenter ces pistes en classe, en analyser les effets, publier ses travaux sur le site du Collectif et préparer une séance dédiée lors d’un prochain cycle de visioconférences.